VAUT MIEUX EN RIRE
Trois rires :
• Celui de ma petite sœur d'abord, 16 ans, spontané, impossible à simuler.
• Puis un rire capté de loin, dans l'auditorium de Saint-Denis, presque volé pendant un cours.
• Et le mien, quelque part entre le vrai et le forcé.
C'est par là que tout commence. Les rires se succèdent, se chevauchent, se dédoublent. À force de les superposer, quelque chose bascule, ce qui devait être léger devient étrange, presque gênant. Certains sons se retournent sur eux-mêmes, glissent d'une oreille à l'autre.
Et puis le rire se vide de lui-même. Il se transforme en une onde continue, sourde, qui s'étire. Un son qui fait presque peur.
Comme si on avait poussé le rire trop loin et qu'on était tombé de l'autre côté.
Les deux matières, l'angoisse et le rire, se croisent un moment, puis tout disparaît.
Ce qui reste, c'est ma sœur. Elle rigole parce qu'elle a roté. Rien de plus. Après toute cette tension, c'est ça qui revient : quelque chose d'enfantin, de vrai. L'innocence qui refait surface, portée par un petit écho.
Un claquement de doigts. Et c'est fini, comme un réveil.
Références : Pierre Schaeffer, Josh Wink, Blandine Brière.